Maison de la Mémoire de Mons

Mieux comprendre notre culture, mieux maîtriser notre devenir

Fonds d’archives photographiques sur Mons d’André Faerhès

Faehres

 

 

 

André Faehrès, Fonds d’Archives Photographiques sur Mons, membre du groupe porteur

La Mémoire photographique issue des photographies anciennes est une source extraordinaire et parfois unique de sauvegarde des événements qui se sont passés depuis que Nicéphore Niepce (1805-1870) imagina le moyen de conserver une image négative sur une plaque de verre, et de pouvoir la reproduire, en plusieurs exemplaires, en positif, sur du papier photographique.

Avant l’apparition de la photographie, la Mémoire des événements du passé nous était transmise :
– par la Mémoire scripturale : les parchemins, manuscrits, livres, registres, programmes, etc.. ;
– par la Mémoire picturale : lithographies, gravures, peintures, des œuvres souvent enjolivées ;
– par la Mémoire orale : le bouche à oreille, des informations souvent déformées ou exagérées.

 
La Mémoire photographique, elle nous donne des documents exceptionnels, ces photos anciennes nous procurent des images très fidèles, les moindres détails sont identifiables. Il ne reste plus qu’à les faire parler pour découvrir tout ce qu’elles ont en mémoire.
Malheureusement, ces photos ont bien souvent été délaissées au fil du temps, fréquemment déposées au fin fond d’un grenier avec d’autres objets et alors totalement oubliées, parfois perdues.
Les historiens et les autorités communales ne s’y sont intéressés que très rarement, si bien qu’il n’existe pratiquement pas de photothèque dans les villes. C’est seulement vers les années 60 que quelques collectionneurs ont commencé à s’intéresser aux cartes postales et parfois à des photos originales pour se constituer une collection à usage personnel.

Fin 1988, en cherchant pour une exposition des photographies anciennes de Mons, déjà agrandies et ne les trouvant pas, j’ai eu la chance de découvrir une collection privée de photos originales, de tous formats, très peu connues ou tout à fait inconnues. Ce fut le déclic. Afin de sauvegarder ce patrimoine, pour en faire profiter les Montois par des expositions et des publications, je décidais, début 1989, de compléter la collection de photos de Mons conservées par mon père et de créer un Fonds d’Archives Photographiques sur Mons. Une idée nouvelle : non pas collectionner les photos originales mais les faire sortir des maisons, les emprunter pour les sauvegarder en les re-photographiant. Cela permet d’archiver les documents sur un négatif argentique de longue conservation et de les reproduire sur un papier photo argentique, toujours au même format, ce qui facilite le classement et la consultation du fonds. Les renseignements reçus sont transcrits dans un fichier informatique.

Je ne sauvegarde pas les cartes postales, car elles sont visibles en prenant contact avec une bonne dizaine de collectionneurs. Mon but est de faire découvrir les photos peu connues ou inconnues. Cependant ces cartes postales sont parfois utiles quand il n’existe pas de photos se rapportant à un événement. Dans ce cas particulier, les collectionneurs me les prêtent volontiers.

Les Montois ont répondu, nombreux, à ma démarche. En 23 ans, j’ai pu sauvegarder plus de 10.150 photos anciennes se rapportant à Mons, les plus anciennes datent de 1864 et pour une grande majorité elles sont antérieures à 1950. Il était temps, plus de 20% des personnes qui m’ont prêté ces photos sont maintenant décédées. Je tiens à remercier toutes ces personnes, sans elles le Fonds n’existerait pas, leurs photos ne seraient pas sauvegardées et les Montois ne pourraient pas en profiter.

A ce stade, le travail ne fait que commencer. En effet ces photos sont rarement accompagnées de renseignements et souvent les propriétaires ne savent pas donner d’explications. Un travail de détective commence : retrouver la date, l’événement, les noms, le lieu, etc… Cela demande de longues et fastidieuses recherches : aux Archives de l’Etat, à la Bibliothèque, dans les bulletins communaux, les journaux, les annuaires commerciaux, les programmes, les livres. Il faut aussi questionner les vieux montois, les historiens locaux, d’autres collectionneurs, etc…

Pour une centaine de photos, il manque toujours des renseignements. Un exemple : des funérailles à Sainte-Waudru, le cercueil est posé sur un affût de canon, ce qui n’est pas courant. Après de longues recherches, il est certain que cela s’est passé entre 1928 et 1939, mais je n’ai pas trouvé la date des funérailles ni le nom du militaire décédé.

Mon Fonds d’Archives Photographiques a contribué humblement à la sauvegarde de la Mémoire du passé de notre bonne ville de Mons et a permis de le faire découvrir aux Montois :
– Dix expositions, sept, depuis 2002, avec la Maison de la Mémoire de Mons : photos inédites de commerces montois de 1885 à 1936 ; 1940-1944 – Mons défigurée ; Mons en guerre, 1914 – 90e un début – 1944 – 60e une fin ; 1905, Mons fête le 75e anniversaire de la Belgique et en 1930 le 100e anniversaire ; Mons durant les grands travaux 1860-1905 ; les sociétés d’agrément montoises ; Mons : « Ville d’écoles ».
– Un livre édité par la Maison de le Mémoire de Mons en 2007 « Mons durant les grands travaux 1860-1905 »

Funérailles à Sainte-Waudru entre 1928 et 1939. Collection : Jean-Claude De Genst.

Funérailles à Sainte-Waudru entre 1928 et 1939.
Collection : Jean-Claude De Genst.

Le travail n’est pas fini, il y a encore des photos oubliées ou bien classées à sauvegarder. Elles peuvent être grandes ou petites, en bon ou en mauvais état, ce peut être des plaques de verre ou des photos papier, il faut les sauver avant qu’il ne soit trop tard. Vous pouvez me les prêter, dans les 3 jours, elles vous seront rendues. Contact : André Faehrès, 065 34 00 67.

D’avance merci.